Archéologie / Architecture

Marquette-lez-Lille, à la redécouverte de l’abbaye de la comtesse Jeanne, Marquette-lez-Lille, 2002, 476 p. reliées, 150 ill.— Fondée vers 1228 par la célèbre comtesse de Flandre qui y fut inhumée, Marquette était l’une des plus puissantes maisons féminines de l’ordre de Cîteaux. Construit à l’âge d’or du gothique, réédifié dans le style français au XVIIIe s., le monastère fut démoli à la Révolution et son enclos de 18 ha en bord de Deûle occupé par l’industrie lourde dès 1860. En 1963, une usine de production de toluène di-isocyanate fut installée à proximité des lieux réguliers enfouis. Sa fermeture a conduit la municipalité à s’interroger si ce sol meurtri recelait encore des vestiges archéologiques. Cet ouvrage livre le fruit d’une étude préalable conduite en trois temps.

Le premier publie la documentation glanée sur le bâti disparu. Après présentation des fonds interrogés, les sources écrites ont permis de reconstituer un cartulaire de 50 actes (1236-1793) et une dizaine de mémoriaux inédits ont fourni de riches informations entre fin XIIIe et fin XVIIIe. Les sources orales consistent en une centaine de témoignages antérieurs ou postérieurs à la Révolution sur les tombes, l’état des lieux et le terrain. Un catalogue offre une sélection de 50 illustrations des XVIIe-XXe s., tirées de plans anciens, des cadastres, de photothèques d’entreprises, de collections privées et de fonds publics. La deuxième démarche est une analyse systématique commentée des bâtiments, à travers quatre espaces concentriques : à l’extérieur de l’enclos puis, à l’intérieur, lieux de travail, de vie et de prière. Une synthèse fait enfin le point des connaissances, plans recomposés à l’appui, sur le monastère médiéval, ses transformations à la Renaissance, sa reconstruction classique et le bâti industriel qui lui succéda. La superposition de ces quatre époques débouche sur un bilan archéologique global avec propositions de sondages qui ont été réalisés par la suite. Une zone de protection a été délimitée : sur environ 2 ha, s’y trouvent encore les substructions des deux tiers du cœur du monastère. La ville de Marquette l’a mise en réserve sur son plan d’occupation des sols.

L’apport de ce livre à l’historiographie cistercienne est double. Sa méthodologie originale fournit d’utiles pistes de recherches pour d’autres sites et rend possible une large redécouverte inespérée d’une abbaye dont ne subsiste que le prestigieux souvenir. = 80 €.

Pierres… pour l’abbaye de Villelongue, histoire et architecture, vol. 2, Architecture, Pupillin, 1992, p. 191-384 brochées, ill.— Le point sur les bâtiments conservés de cette abbaye masculine languedocienne, longtemps l’une des plus méconnues de l’ordre : bibliographie rétrospectives commentée, les églises, les fresques de la sacristie, la salle capitulaire, la galerie méridionale du cloître, le réfectoire, la chaire du lecteur, les vestiges épars, présentation prospective des archives. Vol. 2 seul : = 30 € ; vol. 1 (histoire) et 2 : = 50 €.